© Sylvain Gripoix

Odeia

Comme l’aurait dit Magritte, ceci n’est pas de la musique du Monde.

Le Monde, Odeia s’en nourrit, plante ses rhizomes où le soleil porte et en fait un substrat ; la Terre n’a jamais si bien porté son nom !

Comme Robert Wyatt qui, charmé par la reprise d’« Alifib » a offert à l’orchestre « Venti Latir », les chansons d’Odeia se rient des frontières et se réclament cosmopolites.

Sous la bannière de Parlami, le second album du quartet, on peut très bien accoster sur les rives des Balkans grecs, chérir l’Italie du Sud et délaisser la lecture strictement traditionnelle, loin cependant d’une World Music qui nivellerait tout.

De la guitare de Karsten Hochapfel (Naïssam Jalal, Morgen Naughties…) à la contrebasse de Pierre-Yves Le Jeune (Le Petit Bal de Poche, Rue de Tanger), Odeia s’incarne, hors des styles, des langues ou des musiques ; loin aussi des inventions factices d’on-ne-sait quel volapük.

Avec le violon de Lucien Alfonso (Toukouleur Orchestra, Le Petit Bal de Poche) en poupe, libre et changeant, et la voix d’Elsa Birgé (Söta Sälta, Chroniques de Résistance de Tony Hymas) en proue, souple et envoûtante, le navire n’a jamais cessé ses courtes Escales qui garnissent autant la cale que l’imaginaire.

Ainsi, faisons voile vers des terres où le classique de Tino Rossi (« Parlami d’Amore Mariù ») prend des airs de petit diamant baroque et où « Plainte » de Kosma assombrit quelques temps un ciel bleu insolent. Cette chanson tirée d’un opéra historique sur la commune qu’Elsa Birgé chantait enfant est une des destinations imprévues, tout comme « Chanson d’Hélène », petite douceur obsessionnelle.

Oubliez tout système de navigation, perfectionné ou non. La dérive est en pilotage automatique et chaque étape est un plaisir !

Distribution :

Elsa Birgé – Chant

Lucien Alfonso – Violon

Karsten Hochapfel – Violoncelle, Guitares

Pierre-Yves Le Jeune – Contrebasse

 

Ouverture des portes 1h avant le concert.