Hervé Samb – « Jazz Sabar »

Après une fulgurante carrière en Europe puis aux Etats-Unis, et le succès de son 3ème album solo encensé par la presse européenne et présenté au public lors d’une tournée internationale (en Europe, Afrique, Asie et Amerique latine), l’artiste franco-sénégalais Hervé Samb revient avec un 4ème album intitulé « Jazz Sabar ». Cet album réunit de nouveau le groupe symbiotique de musiciens sénégalais créé lors du précédent opus « Teranga ». Il confirme un style tout à fait unique, né des rythmes du sabar– cette percussion traditionnelle sénégalaise, traversant des mélodies originales tout autant nourries d’airs traditionnels sénégalais que de jazz contemporain. Le « Jazz Sabar » d’Hervé Samb est à la fois un concept dont il est l’inventeur, un style singulier dont il est le créateur, et un album qui en est l’ambassadeur !

Le Sabar

Le Sabar désigne d’abord un instrument de percussion puissant, impressionant, qui n’existe qu’au Sénégal, on ne le trouve nulle part ailleurs. Aujourd’hui encore, il accompagne le Sénégalais dans la vie de tous les jours : dans la rue, dans les meetings politiques, dans les mariages, les baptêmes, on appelle le sabar. Cet instrument est extrêmement calqué sur le langage : un joueur de sabar est vraiment en train de nous parler quand il joue. C’est une particularité unique, qui a donné naissance à un genre plus pop comme le mbalax, que l’on ne trouve aussi qu’au Sénégal. Il y a un esprit très hip-hop
dans le sabar. Il est aussi un rassemblement social et un excellent outil porteur de messages – il était d’ailleurs à l’origine utilisé comme moyen de communication par les Rois du royaume Wolof. Hervé Samb souhaite en faire partager la beauté et la force, mais pas question pour autant de le reproduire pour l’enfermer, ni de le priver de la vitalité contemporaine tant des musiques sénégalaises qu’occidentales dont il s’est nourri tout au long de sa carrière internationale (auprès de tant d’artistes tels que Marcus Miller, David Murray, Cheikh Tidiane Seck, Amadou & Mariam, Meshell Ndegeocello, Pharoah Sanders, Jacques Schwarz-Bart, Somi, Lisa Simone, Omar Pene, Aziz Sahmaoui, etc.).

Nouvel Album

Après la porte ouverte de l’album précédent « Téranga » (signifiant littéralement « hospitalité » en wolof) ayant permis de faire des allers-retours entre les cultures sénégalaises et occidentales, Hervé Samb explore davantage avec ce nouvel album les différentes possibilités qui s’offrent à lui pour façonner ce « Jazz Sabar ». Il ne s’agit plus d’allers-retours (comme par exemple des standards de jazz auxquels on donne une couleur africaine et inversement des airs traditionnels teintés de jazz), mais bien d’une exploration musicale faite de compositions originales. « En général, les projets métissés reposent sur la
volonté de jazzmen européens de nourrir leur musiques de cultures africaines, indiennes, exotiques… C’est beaucoup plus rare dans l’autre sens » et c’est ce que réussit à merveille Hervé Samb. Le jazz entre dans la danse sénégalaise, il y chante et respire un air viscéralement africain.

Nous sommes les sacs qui renferment des secrets plusieurs fois séculaires. Sans nous, les noms des rois tomberaient dans l’oubli. Nous sommes la mémoire des hommes.
Djibril Tamsir Niane, à propos des griots.

Pour mener à bien cette rencontre entre le répertoire du jazz et la musique traditionnelle, le guitariste se tourne vers Alioune Seck, maître du sabar issu d’une grande famille de griots percussionnistes. Là, le « musicien du monde » qu’est Hervé Samb propose des thèmes inspirés du jazz au joueur de sabar qui, en retour, suggère et adapte des rythmes traditionnels. Le jazz ne parle plus l’anglais qui lui est familier, il prend les accents du wolof et trouve ainsi une manière de se raconter autrement, dans une autre langue. Là où le swing s’appuie sur les deuxième et quatrième temps de la mesure, le sabar accentue pour sa part le premier et le troisième : « Si on enlevait les notes de mes solos pour n’écouter que le rythme, on entendrait un solo de sabar ». Hervé Samb joue sur une guitare manouche qu’il a faite fabriquer pour répondre à son besoin d’avoir un instrument qui soit très dynamique, précis et joyeux, pour pouvoir répondre au sabar, donner des accents, de l’émotion.

Avec ce « Jazz Sabar », Hervé Samb affirme son intention d’aller chercher au plus profond de lui, de ce qui façonne son identité propre en tant que musicien et en tant qu’être humain porteur de valeurs d’ouverture, de mixité sociale, de diversité culturelle, et de gratitude.

Hervé Samb & The Teranga Band 

Hervé Samb – Guitare

Alioune Seck – Sabar, Percusions, Voix

Ndiaw Macodou Ndiaye – Batterie, Voix

Pathe Jassi – Basse, Voix

Alpha Dieng – Chant