Dans le cadre de la 15ème édition du FESTIVAL AU FIL DES VOIX

SOUL

La touche “rewind” enclenchée ramène la bande de plusieurs tours en arrière et, avec elle, The Buttshakers. De celui du studio d’enregistrement, le décor est passé à celui de l’Amérique que Ciara Thompson a quitté pour venir s’établir en France, à Lyon. Débarrassé du voile idéaliste de son enfance, cette Amérique, son Amérique, lui apparaît désormais dans sa réalité la plus crue : minée par la violence et le racisme, les rues devenues le domicile de ceux qui n’en ont pas.
Black Lives Matter, Not In My Name, #metoo et autres signaux d’alertes se sont allumés en rouge incandescent sans pour autant freiner cette course désespérée et toujours un peu plus rapide dans des rails menant vers l’obscurité.
Mais, quand tout s’assombrit, il reste toujours cette lueur impossible à éteindre, cette braise capable de rallumer à elle seule un brasier d’espérance. La soul music.
Arcadia “le pays des délices”, ce monde parfait décrit par le poète Virgile, où tout n’est que beauté et perfection devient pour The Buttshakers l’endroit à rallier, le but vers lequel aller et pas celui vers lequel se replier virtuellement pour se couper des réalités.
Sur leur précédent album, Sweet Rewards, The Buttshakers offraient un éclairage doux sur la face romantique de la soul. Avec Arcadia ils en explorent sa face consciente, celle qui, aux grandes heures des 70’s brillait grâce aux albums de Gil Scott-Heron, Marvin Gaye ou Curtis Mayfield.